La version papier : une tradition qui perdure
Historiquement, le Kbis a longtemps été édité en version papier. Obtenu auprès du greffe du tribunal de commerce ou via une plateforme officielle, ce document physique est resté pendant plusieurs décennies la “norme” pour les échanges administratifs. Bien qu’en voie de dématérialisation, l’édition papier possède encore certains avantages : elle est directement reconnaissable, on peut la présenter aisément lors de rendez-vous, et elle témoigne souvent, dans l’imaginaire collectif, d’une validité fermement établie. Pour beaucoup d’investisseurs, la simple vue d’un Kbis papier en bonne et due forme, tamponné, apporte instantanément un sentiment de sérieux. Cette impression s’explique par des décennies de procédures où le papier constituait la référence incontournable.
Le symbole du tangible
Il est souvent rassurant de pouvoir tenir un document dans ses mains et de le feuilleter physiquement. À l’ère du numérique, toutes les procédures se dématérialisent à grande vitesse, mais certains acteurs restent attachés à des documents concrets, difficiles à falsifier (du moins en apparence) et présentant des caractéristiques visuelles familières. Le papier a cette force de tradition qui peut rassurer, surtout lorsqu’on s’adresse à des investisseurs plus classiques ou à des banques. De la même manière qu’un contrat papier signé à la main peut parfois être, aux yeux de certains, plus rassurant qu’une signature électronique, le Kbis traditionnel bénéficie de cette aura de confiance bâtie sur l’habitude et le temps.
Par ailleurs, avec un Kbis papier, il n’y a aucune crainte d’accident technique comme la panne ou la perte de mot de passe. Même si la probabilité d’un incident numérique est faible, certains investisseurs préfèrent s’en remettre à la fiabilité d’un document stocké dans un classeur ou un coffre-fort. Cela peut sembler archaïque, mais il est important, lorsque l’on cherche des fonds, de considérer le point de vue du financeur. Si celui-ci n’est pas encore totalement habitué à la dématérialisation, la version papier peut jouer un rôle prépondérant dans la satisfaction de ses critères de confiance.
Les limites du Kbis papier
Cependant, présenter uniquement une version physique du Kbis peut présenter des inconvénients. En effet, un Kbis papier se démode assez vite, car il doit être renouvelé régulièrement pour être officiellement à jour. Lorsqu’un investisseur veut vérifier l’exactitude des informations, il se fie à la date d’édition du document. Si celui-ci est trop ancien (par exemple plus de trois mois), la crédibilité de la démarche peut en pâtir. De plus, la multiplication des envois postaux pour obtenir ou transmettre des versions papier peut entraîner des retards et des coûts supplémentaires. Dans un environnement où la rapidité d’exécution fait souvent la différence, tout ralentissement peut être perçu comme un manque de réactivité.
D’autre part, le risque de perte du document ou son altération physique ne doit pas être négligé. Un Kbis froissé, mal scanné ou perdu lors d’un déplacement ne valorise pas la rigueur que l’on souhaite démontrer à un investisseur. Enfin, la gestion de la confidentialité peut se compliquer lorsqu’on multiplie les copies papier. Il n’est pas rare que, par précaution, un porteur de projet imprime plusieurs copies de son Kbis et les distribue lors de rendez-vous. Certains acteurs pourraient conserver ces documents dans des conditions médiocres, augmentant le risque d’accès non autorisé à ces données sensibles.