Erreur n°3 : Ignorer les mentions spécifiques ou les décisions judiciaires
Le troisième écueil, souvent méconnu, est de négliger les éventuelles mentions spécifiques ou décisions de justice qui peuvent apparaître sur un Kbis. Par exemple, la présence d’une procédure collective, d’un redressement judiciaire ou d’une liquidation en cours est indiquée directement sur l’extrait, parfois sous la rubrique « observation » ou via une mention spéciale. Cette situation peut considérablement fragiliser la réponse à un appel d’offres, car les maîtres d’ouvrage souhaitent s’assurer que l’entreprise est en capacité financière et légale de mener à bien le contrat.
De même, certains jugements peuvent signifier une décision de radiation, une interdiction de gérer ou d’exercer pour le dirigeant concerné. Même s’il s’agit d’une situation transitoire, elle doit obligatoirement être déclarée, et le Kbis le révèle sans ambiguïté. Ainsi, ignorer ou minorer l’impact de ces informations supplémentaires dans la candidature peut se révéler fatal.
Les impacts sur la confiance et la notation de la candidature
Lors d’un appel d’offres, la candidature fait souvent l’objet d’une notation intégrant plusieurs critères : la capacité technique, l’expérience, la solidité financière et la fiabilité administrative et légale. Quand votre Kbis affiche une mention comme « redressement judiciaire », cela peut diminuer considérablement votre score, voire vous placer hors jeu d’office si le règlement de consultation stipule que les entreprises en difficulté ne sont pas éligibles. Dans le cadre des marchés publics, la loi impose aux pouvoirs adjudicateurs d’écarter les entreprises en liquidation judiciaire, sauf dérogations très particulières. Les décisions de redressement peuvent faire l’objet d’une analyse plus fine, mais la suspicion demeure élevée.
Pour cette raison, il est essentiel de prendre en considération toutes les mentions recensées sur le Kbis. Si vous êtes en période de transition, par exemple dans le cadre d’une procédure collective destinée à sauver l’entreprise, il va falloir expliquer clairement votre plan de restructuration dans le dossier de candidature, prouver que votre capacité d’exécution du chantier ou du contrat n’est pas altérée. Sinon, votre candidature risque d’être jugée inapte et rejetée, malgré votre volonté réelle de reprendre ou de poursuivre l’activité.
De plus, négliger ces mentions peut donner l’impression que vous cherchez à les occulter ou que vous n’êtes pas parfaitement transparent. Or, la transparence est justement l’un des fondements du succès dans les appels d’offres, tant sur le plan juridique que déontologique. Les organismes autorisant l’accès à leurs marchés s’attendent à ce que les entreprises candidates fassent preuve de bonne foi et de sincérité. Par conséquent, si votre Kbis souligne une information délicate, il est toujours préférable de l’accompagner d’un justificatif ou d’une note explicative rassurante, plutôt que de prétendre qu’elle n’existe pas.