Contexte de la dissolution volontaire et documents concernés
La dissolution volontaire d’une société est une étape qui peut survenir pour diverses raisons : cessation d’activité, changement de projets professionnels, difficulté à rentabiliser l’entreprise ou encore souhait de reconversion. Elle implique des formalités administratives précises, dont la décision en assemblée générale extraordinaire (ou l’équivalent selon le statut juridique) et la publication légale de la dissolution. Au fur et à mesure de cette procédure, plusieurs documents clés entrent en jeu : statuts mis à jour, procès-verbal de dissolution, avis de parution dans un journal d’annonces légales, etc.
Parmi ces documents incontournables, le Kbis occupe une place particulièrement importante avant dissolution. C’est lui qui prouve l’identité de la société, regroupe ses informations principales (forme juridique, capital, siège social, identité des dirigeants) et atteste de la validité des opérations en son nom. Une fois la dissolution proclamée, un nouvel extrait Kbis est généralement édité, mentionnant la dissolution en cours de la société. Dans certains cas, vous aurez aussi, à la fin de la procédure, un Kbis portant la mention « radiée ». Dès lors, la question se pose : que deviennent ces différents exemplaires, et pourquoi pourrait-il être utile ou obligatoire de les conserver ?
Avant toute chose, il convient de rappeler que le Kbis n’a pas de durée de validité fixe, même si certaines administrations ou partenaires financiers (banques, fournisseurs, etc.) exigent un Kbis datant de moins de trois mois pour effectuer certaines démarches. Dans le cadre d’une dissolution volontaire, l’extrait Kbis « actif », indiquant la situation de la société et sa radiation, cesse naturellement d’être requis pour de futures formalités courantes. Néanmoins, il joue encore un rôle en tant que preuve et archive.
Qu’est-ce qu’un Kbis « radié » ?
Lorsque la dissolution aboutit à la radiation de la société du registre du commerce et des sociétés (RCS), le greffe du tribunal de commerce établit un nouvel extrait Kbis qui comporte la mention « société radiée ». Ce document n’indique plus que la société est active, mais témoigne que la radiation a bien été prononcée et que la structure n’existe plus officiellement. Ce Kbis « radié », s’il est souvent oublié, reste pertinent pour prouver la clôture définitive d’une entreprise auprès de certaines administrations, notamment sur le plan fiscal et social. Il est donc judicieux d’en conserver un exemplaire, voire plusieurs exemplaires, pour les éventuelles demandes de preuve de cessation d’activité.
Au fil de votre parcours administratif, vous avez pu accumuler plusieurs états successifs de votre Kbis : celui du début de la société, les mises à jour lors de changements de gérant ou d’adresse, ainsi que l’extrait final portant mention de la dissolution. Pour certains entrepreneurs, cette accumulation peut sembler encombrante et inutile après la dissolution. Pourtant, chacun de ces documents raconte l’histoire légale de votre structure et peut servir de preuve ou d’illustration d’un changement précis. La question n’est donc pas seulement : « Ai-je toujours besoin de ce Kbis ? », mais aussi : « Pourrais-je en avoir besoin plus tard ? »